Paul Cornu (15 août 1881-29 décembre 1914)

Paul Cornu (15 août 1881-29 décembre 1914)
Paul Cornu.
© Ecole nationale des chartes

Sergent d'infanterie, Paul Cornu combattait en Argonne avec une bravoure inlassable lorsque, surpris par la maladie qui devait l'emporter, il fut évacué sur l'ambulance militaire de Commercy, qui fut sa dernière étape. Fils d'un instituteur de la Nièvre, il avait obtenu le prix d'honneur de philosophie au concours général des départements et s'était fait remarquer de bonne heure par une rare et vive intelligence. Nature nerveuse et indépendante, au cœur très droit, il avait connu des heures difficiles, mais son énergie avait surmonté tous les obstacles. À l'École, il s'était acquis des amitiés solides et n'avait négligé aucune des parties du programme que comportent les trois années d'étude. À la bibliothèque de l'Union centrale des Arts décoratifs, où son zèle était notoire et son obligeance proverbiale, il rendait d'éminents services et s'était créé une situation d'avenir. La collaboration qu'il apporta à la Société de l'histoire de l'Art français, par la préparation et la publication d'une table générale de la « Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome » et d'une autre table des « Procès-verbaux de l'Académie de peinture et de sculpture », l'eût recommandé pour d'autres travaux similaires, un peu ingrats sans doute, mais combien utiles ! La réimpression qu'il fit de la « Galerie des modes et costumes français », cet ouvrage de la fin du xvme siècle si recherché des artistes, fut pour lui l'amorce d'études rétrospectives sur une matière assez neuve encore et qu'il se proposait d'exploiter davantage. On lui doit aussi une brochure sur Corot, un bon article sur le château de Béarn à Saint-Cloud, un autre sur les deux Jean Bodin dans la Revue de l'Anjou. Mais, tout en s'adonnant à des recherches qui cadraient bien avec ses fonctions quotidiennes, Cornu n'avait pas oublié sa province natale, d'abord en choisissant pour sujet de thèse
(dont l'introduction seule a paru) les « Forêts du Nivernais du XVe au XVIe siècle », où les questions économiques à traiter l'avaient particulièrement séduit, puis plus tard en s'occupant activement de la Société académique du Nivernais, en créant un recueil qui s'appelle les « Cahiers du Centre », en publiant une notice sur Jules Renard et une autre sur Bias Parent, curieuse figure de pamphlétaire révolutionnaire du Nivernais. Ce bon travailleur a quitté cette terre sans avoir donné toute sa mesure, non sans avoir apporté à d'autres publications, sous une forme anonyme, un concours apprécié et persévérant.