Maurice Deroy (26 septembre 1890-28 août 1914)

Maurice Deroy (26 septembre 1890-28 août 1914)
Maurice Deroy.
© Ecole nationale des chartes

Maurice Deroy, à peine sorti de l'École avec succès, élève de l'École des Hautes Études, licencié en droit et diplômé d'études supérieures d'histoire, était incorporé comme soldat au 113e régiment d'infanterie à Blois lorsque la mobilisation fut décrétée. Il partit avec le 5e corps, si éprouvé dès le début des opérations dans les Ardennes. Il ne tarda pas à être blessé et fait prisonnier à l'un de ces sanglants combats du premier mois de la guerre où nos troupes tentèrent vainement, au prix de pertes sérieuses, de barrer la route au flot envahisseur. On resta de longues semaines sans nouvelles de lui. Après une douloureuse attente, on apprit la triste réalité : blessé le 22 août et soigné dans une ambulance allemande, Deroy avait succombé peu de jours après à Bleid, dans le Luxembourg belge. Nous perdions en lui un charmant confrère, en qui s'alliait à un cœur généreux une nature exquise et profondément attachée à ses devoirs. Le goût des choses du passé était héréditaire dans sa famille, et son père, fort érudit, trouvait volontiers en lui un compagnon d'études et un ami. Ses séjours prolongés à Fontainebleau, depuis sa plus tendre enfance, ses promenades estivales dans la plus capricieuse des forêts qui avoisinent la capitale, lui inspirèrent tout naturellement le sujet de sa thèse : ses juges l'ont reconnue établie sur de solides bases et agréablement présentée, et ce travail consciencieux et définitif verra le jour, nous en avons le ferme espoir. Ainsi le nom de Maurice Deroy demeurera indissolublement lié à ces vastes futaies qu'il aimait par-dessus tout et dont il avait pris tant de plaisir à étudier l'histoire.