Marc Morel (20 mai 1887-29 mai 1918)

Licencié ès lettres, et ancien .élève de l'École des Hautes
Études, bibliothécaire archiviste de la ville de Cambrai depuis
peu de temps, Marc Morel partit à la mobilisation comme sous-
lieutenant de réserve au 84e régiment d'infanterie et fut promu
lieutenant au 284e le 21 mai 1915. Après avoir participé à de
durs combats sur le territoire français, son régiment fut dési-
gné pour aller faire campagne en Orient ; notre confrère vécut
en Macédoine et en Serbie du 28 octobre 1915 au 26 septembre
1916, époque à laquelle il revint en France. Ayant subi les fâ-
cheux effets de la fièvre paludéenne, ayant été exposé à d'in-
cessants dangers pendant près de quatre terribles années, il pouvait
voir luire l'heure de la victoire sans avoir trop souffert, lorsque
l'invasion soudaine du Tardenois en mai 1918, après la rup-
ture du front de l'Aisne, fit subir de lourdes pertes à son ré-
giment ; lui-même, atteint mortellement à Dravegny, ne tarda
pas à succomber.
Fils de pasteur, Marc Morel s'était empressé, dès son arrivée
à Cambrai, de recueillir quelques textes sur le protestantisme
dans cette ville, de 1562 à 1628 : épaves d'autant plus précieuses
que les originaux ont disparu pendant l'invasion, elles ont
fait l'objet d'une publication dans le Bulletin de la Société de
l'histoire du protestantisme français (1920). Cette minuscule
communication, jointe à une thèse soutenue en 1914 sur la
langue des chartes de Cluny, ne peut donner une idée de la
conscience que notre confrère mettait en tout ; il avait, en
entrant à l'École, réalisé le rêve de sa jeunesse et souhaitait
ardemment de pouvoir, la paix conclue, reprendre les bonnes
traditions françaises de travail qu'il avait apprises au contact
de ses maîtres.