Henri Vallet (22 août 1889-4 octobre 1914)

Entré d'abord au collège de la ville de Mende, où son père
exerçait les fonctions d'inspecteur primaire, Henri Vallet pour-
suivit ses études secondaires au lycée de Clermont-Ferrand avant
de venir à Paris pour conquérir successivement les diplômes
de bachelier, de licencié ès lettres, d'études supérieures d'his-
toire et d'archiviste paléographe (de la promotion de 1913) ;
l'École des Hautes-Etudes l'avait eu également pour élève.
Travailleur aimable et consciencieux, bon garçon et d'humeur
facile, il avait l'ardeur d'une jeunesse aventureuse et enthou-
siaste.
Incorporé à Lyon, dans un régiment d'infanterie, en 1912, il
s'engagea une fois sa thèse soutenue (sur la culture classique dans
Raoul de Presles, d'après sa traduction commentée de la Cité
de Dieu), comme volontaire pour le Maroc. La guerre le trouva
incorporé dans un régiment de zouaves, et l'on sait quelle légen-
daire intrépidité se cache sous cet uniforme qu'ont revêtu tant
de braves. On devine qu'il partit pour le front le sourire aux
lèvres et l'âme exempte de soucis, comme il fût parti pour se
livrer à quelque délassement sportif entre deux fructueuses sta-
tions dans l'une ou l'autre de nos bibliothèques. Un obus a
brusquement mis fin à ses jours près de Tracy-le-Yal, au bord de
ce plateau désormais fameux qui domine la vallée de l'Aisne au
nord d'Attichy.